mercredi 3 septembre 2014

Conversation stratégique du 4 juin 2014 - L'entrepreneuriat féminin, avec Typhaine Lebègue



Le 4 juin 2014, Typhaine Lebègue, Professeure à FBS Tours et docteure en sciences de gestion, est venue partager avec les étudiants du MS Celsa Entreprendre sa vision de l’entrepreunariat des femmes.

Aujourd’hui, seulement 30 % des chefs d’entreprises sont des femmes quand ces dernières représentent 46 % de la population active. Pourtant, comme en témoignent les pionnières Madame veuve Clicquot ou Coco Chanel, les femmes chefs d’entreprise ne sont pas une nouveauté. Et s’il n’existe pas de profil-type de « l’entrepreneure » (comme l’écrivent les Québécois), un point commun unit les femmes créant, reprenant ou héritant d’une entreprise : leur manque de visibilité médiatique.

Typhaine Lebègue a pu établir quelques spécificités des femmes entrepreneures : elles sont plus diplômées, dirigent des entreprises majoritairement dans les services, de plus petite taille et de moindre envergure financière. Au-delà des chiffres, le chercheure a identifié des spécificités à l’entreprenariat des femmes, comme un sentiment de moindre légitimité, un accès au financement plus compliqué - sans qu’il soit possible d’établir la part tant du côté de la demande (perception du risque) que de l’offre (réticence des organismes) - une présence moindre dans les réseaux et une stratégie commerciale plus prudente.

Les raisons de ces différences sont multiples, mais il ne s’agit là que d’une photographie qui globalise une réalité très hétérogène, et surtout en mouvement. Ce qu’il est vraiment intéressant d’observer selon Typhaine Lebègue, c’est que la logique entrepreneuriale des femmes est plus globalisante, intégrant le projet de vie, la famille, le conjoint, selon des critères de réussite tant au niveau sociétal que personnel : mission de l’entreprise, quête de sens, réalisation de soi-même, stratégies de collaboration…

De ce point de vue, les mesures traditionnelles de la performance économique sont inopérantes pour saisir la réussite des femmes entrepreneures. Dans un monde basé sur des normes socialement construites de « genre », qui influencent également la réalité entrepreneuriale, donner du sens à son entreprise tout en incluant les autres dans le projet entrepreneurial est très « féminin ».

Mais l’important est de comprendre que chaque dirigeant intègre des valeurs, des codes, des comportements, masculins ou féminins, dans la façon de gérer l’entreprise. Les entreprises « de femmes » proposent un modèle entrepreneurial nouveau et porteur d’avenir. Le Global Entrepreneurship Monitor (GEM) a d’ailleurs constaté une corrélation entre la croissance et le taux d’activité entrepreneurial féminin, et cela donne au développement de l’entreprenariat des femmes une importance économique majeure.

Kristell Brizard

Mastère Spécialisé CELSA Entreprendre 2014
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