mercredi 11 mars 2015

Conversation stratégique du 27 février 2015 - Anne Brunet-Mbappe : L’échec entrepreneurial par-delà le tabou

L’échec entrepreneurial par-delà le tabou
27 février 2015


Anne Brunet-Mbappe


D’après une enquête Opinion Way, 57% des français considèrent que le rebond professionnel après l’échec est particulièrement difficile en France.
Il est donc important pour tout porteur de projet d’entreprise de savoir démythifier l’échec qui est souvent un sujet tabou en France. 

Certaines cultures valorisent plus le chemin parcouru par l’entrepreneur et non le simple résultat. L’échec fait partie de l’action, du mouvement permanent qui ne peut exclure « la mort ». Perrier, Harley Davidson, Apple ou même Walt Disney ont également connu des échecs au cours de la vie de leur groupe.

L’essai est souvent la clé pour le dépassement de l’échec. Dyson en est un spécialiste et a inclus dans ses processus de création le fait d’essayer et de se tromper pour améliorer le produit qu’il souhaitait proposer au marché. La Silicon valley a su alimenter une culture du risque et de l’apprentissage permanent en prônant  le « Fail fast ! Time is short ! ». Ceci va d’ailleurs dans le sens de la philosophie de l’effectuation propre à la manière d’agir des entrepreneurs .

Après un échec, petit ou grand, l’entrepreneur gagnera toujours à travailler sur lui et sur son projet pour devenir résilient et retrouver l’énergie d’entreprendre. Certes, sa personnalité aura une influence sur le temps qu’il prendra pour passer les différentes étapes de la phase de deuil à faire d’un projet échoué (le déni, la tristesse ou la colère, l’acceptation et enfin l’apprentissage) mais il y parviendra toujours plus facilement s’il peut bénéficier d’un accompagnement.

Des pistes existent pour démythifier l’échec en France : distinguer l’échec de la faute, valoriser l’essai et le fait d’accomplir. 


Diplômée de l’IEP Paris, Docteur en Linguistique théorique, enseignant-chercheur, professeur de créativité à Novancia. Elle a reçu en 2009 le Grand Prix de la Réflexion impertinente sur l’innovation du CNAM. Elle est l'auteur de « L’insolite : moteur d’innovation ; être hors tendance pour être fort » paru en 2013 aux éditions Dunod et co-auteur de « Agir pour entreprendre » paru en 2011 aux éditions d’Organisation-Eyrolles. (Biographie et photo tirées du site de Novancia).


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