lundi 30 mars 2015

Conversation stratégique du 5 mars 2015 - Jean-Luc Raymond : Economie sociale et solidaire

«  Economie sociale et solidaire »
 

Jean-Luc Raymond est venu le 5 mars dernier, nous parler d’Économie sociale et solidaire et notamment, du statut particulier des coopératives.

photo de Jean-Luc Raymond  Crédit photo : Nikos Aliagas.
Jean-Luc Raymond
photo @ Nikos Aliagas.

Pour lui, « on peut s’inspirer de l’innovation sociale pour créer une entreprise classique » ; en plus, dans l’Économie sociale et solidaire, structures dans lesquelles travaillent 1,8 million de personnes si l’on compte le monde associatif ; ceci représente 11% de la population active en Ile de France.

Le statut de coopérative est très ancien, concomitant avec l’arrivée de la Révolution Industrielle en France, et se développant jusqu’à la crise de 1929 dans le but de s’associer pour créer et partager ; actuellement, on distingue plusieurs catégories que nous énumèrerons plus bas.


On distingue sept principes de l’identité coopérative :

- l’adhésion volontaire et ouverte à tous.

- un pouvoir démocratiquement exercé par les membres, qui s’accompagne d’une représentativité égalitaire entre hommes et femmes.

- la participation économique des membres.

- l’autonomie et l’indépendance.

- l’éducation, formation et information.

- la coopération entre les coopératives.

- l’engagement envers la communauté.

Plus précisément il existe 7 types de coopératives : les coopératives  d’utilisateurs ou d’usagers, les banques coopératives, les assurances coopératives, les coopératives d’entreprise, les coopératives de production et la Société coopérative européenne.
La forme juridique de ces structures est une société coopérative de forme SA, SARL ou SAS.

Dans les banques coopératives et les coopératives de type agricole, les sociétaires sont extérieurs à la structure de gestion (non salariés). Dans le cas des sociétés coopératives et participatives, les sociétaires sont les salariés de l'entreprise ; ceux-ci détiennent au moins 51 % du capital. Tous les salariés sont obligatoirement sociétaires au plus tard trois ans après leur embauche. Ceci est valable pour la SCOP (Société coopérative de production) qui peut avoir des sociétaires associés à hauteur de 49 % du capital. Dans le cas de la SCIC (société coopérative d'intérêt collectif), les membres associés au capital peuvent être plus variés. Outre les salariés, il peut y avoir des bénévoles, des partenaires privés, des collectivités locales impliqués dans le projet.

La CAE est une coopérative d'activité et d'emploi. Ce cadre est adapté à des activités individuelles ou à de très petites structures. Ce statut s'ajoute aux précédents. Par exemple, un individu souhaitant créer son emploi inscrit son activité dans une CAE qui elle-même est une SCOP (de forme SARL ou SA).


Ainsi, Jean-Luc Raymond est entrepreneur salarié (en CDI) en Gestion de projets numériques pour son activité au sein d'une SCOP CAE baptisée Coopaname en Ile-de-France qui compte 800 entrepreneurs salariés comme Jean-Luc.
Ce statut lui permet de bénéficier d'un cadre juridique (avec un numéro de TVA, SIRET, numéro d’agrément de formation…), d'une gestion administrative de son activité (facturation, comptabilité, salaires) et de services (comme de la formation).

Il existe une loi qui renforce les agréments d’entreprise solidaire, fixant les critères précis sur la définition de l’innovation sociale, pour que les banques puissent financer les projets de l’ESS, reconnaissant l’utilité sociale des entreprises, c’est la Loi Economie sociale et solidaire (ESS), du 31 juillet  2014.

Les coopératives sont créées dans un territoire pour répondre à un besoin spécifique, elles cherchent à répondre aux besoins locaux. Ce sont des structures innovantes où le partage de connaissances est mutuel ; on apprend de soi, avec les autres sociétaires et pour la communauté d’employés et on partage notre savoir. Dans le cas des coopératives d’activité et d’emploi, elles répondent aussi à l’isolement de l’entrepreneur et à sa capacité de mobilisation et de collaboration avec d’autres entrepreneurs pour créer du business. Leur utilité sociale pourrait se traduire comme une manière d’améliorer la vie des collaborateurs. A Coopaname, il est ainsi employé l’expression « mutuelle de travail » pour montrer que le rapport au travail est différent par rapport à une entreprise capitalistique classique.


D’après Jean-Luc, ce type de sociétés est une réalité économique naissante qui prendra de l’ampleur par une nécessité de la société actuelle car elles apportent une vision de changement des rapports au travail, une capacité d’innovation (coworking, groupes de travail, agilité du rapport au travail…).

En outre, ces entreprises répondent à un besoin de transformation de l’entreprise classique vers une plus grande autonomie des collaborateurs au sein de l’organisation tout en affirmant la capacité à entreprendre dans un cadre où la décision collective repose avant tout sur un capital humain.

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