mardi 30 juin 2015

Conversation Stratégique du 19 juin 2015 - Jean-Yves Germain - Sérendipité

Apprivoiser l’inattendu pour innover au quotidien

Jean-Yves Germain est venu le 19 juin dernier nous parler de la Sérendipité, concept récemment rentré dans le dictionnaire (en 2012), et intéressant pour les entrepreneurs car il s’agit « de la première source d’innovation » ; c’est le fait de trouver quelque chose que l’on ne s’attendait pas à trouver. Mais pour en bénéficier, il ne suffit pas de tout laisser à la chance, il faut développer les qualités nécessaires pour créer un environnement qui favorise ce type d’innovation.

« Le hasard ne favorise que les esprit préparés ». 

Louis Pasteur



D’après Jean-Yves Germain, l’une des clés de la sérendipité est de considérer les obstacles non pas comme des menaces, mais comme des opportunités, d’autant plus que l’entrepreneur d’aujourd’hui doit faire face à un environnement très incertain. À l’image d’une vague qui arrive, il doit savoir surfer sur cette incertitude. 


L’esprit entrepreneurial consiste donc à savoir gérer le risque et à l’appréhender. Cependant, l’innovation au sens large, vue souvent comme étant une rupture, ne tient pas compte du fait que les avancées se font par des petites choses, ce qui fait penser que l’on peut donc « innover au quotidien ».

Parmi les trois axes d’innovation : la créativité (dont la temporalité est courte), l’exploration (pensée sur le long terme) et la découverte ; cette dernière correspond à la sérendipité, car elle est une posture de permanence, adaptée également au long terme, mais qui peut aussi marcher tout de suite.

Comme Christophe Colomb, « on ne trouve pas quelque chose de prévu », pour cela il faut sortir du cadre et regarder ce qui a provoqué un échec pour apprendre. La sérendipité n’est pas le hasard, mais c’est l’inattendu.
Il en existe plusieurs exemples : la découverte de la pénicilline par Fleming, l’invention des post-its, la tarte tatin, le Nutella, le velcro.

Observation, résilience et d’autres hasards seraient la clé de la sérendipité ; cependant, Jean-Yves déplore qu’actuellement dans le monde de l’entreprise il n’y ait pas de droit à l’erreur, alors que l’erreur peut amener à l’innovation.

Durant sa présentation, à travers l’histoire de Christophe Colomb, Jean-Yves nous a décrit les qualités de l’entrepreneur : l’exploration, la découverte (même s’il ne suffit pas de trouver, encore faut-il s’en rendre compte), savoir trouver le moment favorable, connaître l’objectif de notre recherche (« le but du but ») et enfin, avoir l’aptitude d’apprécier l’inconnu et d’apprivoiser l’inattendu.

Il existerait 6 types de sérendipité :
-    en cherchant autre chose,
-    par erreur, par maladresse,
-    par nécessité, par contrainte,
-    en écoutant les clients, les parties prenantes,
-    par analogie, en observant autre chose,
-    en ne cherchant rien.

Finalement, la sérendipité est de l’optimisme, c’est une vision positive de l’inattendu et de l’inconnu ; il peut se provoquer et être « intentionnel ». Deux outils pour « apprivoiser l’inattendu » ; l’écoute « risquée », c’est à dire, être en observation et à l’écoute du monde, tout en restant ouvert à la critique, ; et le débriefing, pour identifier dans les erreurs, savoir distinguer les faits des émotions, tirer des apprentissages et agir en conséquence.
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