mardi 25 août 2015

Conversation Stratégique du 5 juin 2015 - Bruno Martinaud - être attentif aux signaux faibles

Bruno Martinaud : « être attentif aux signaux faibles »



Bruno Martinaud, serial entrepreneur, enseigne la création d’entreprise et l’innovation à l’Ecole Polytechnique, où il dirige le master Entrepreneuriat. Il intervient également en tant que coach pour des start-up et conseille des entreprises dans leur développement international.






Pour lui, le challenge que tout entrepreneur doit relever est celui de garder la capacité à « être attentif aux signaux faibles ». C’est l’art du questionnement et de la mise en perspective qui est en jeu car l’entrepreneur est un innovateur à savoir qu’il ne suit pas l’enseignement (qui est formaté et conditionne). « Celui qui sait agit, celui qui ne sait pas enseigne » (Georges Bernard Shaw).


Quelques questionnements choisis, destinés à amener des conseils avisés:

1.    Qu’est-ce que la capacité à innover ?  Souvent les étudiants veulent, dans un premier temps, se faire une expérience dans des grands cabinets et s’intéresser à l’innovation dans un second temps. Or, selon Bruno Martinaud, il s’agit là d’un facteur stérilisant. La capacité à l’innovation et l’accumulation de l’expérience sont deux forces opposées.

2.    Qu’est- ce qu’une opportunité d’innovation ? C’est une personne de talent qui rencontre une mauvaise idée.

3.    Que sont les motivations de l’entrepreneur ? Ce ne sont pas des motivations rationnelles (86% des projets entrepreneuriaux auront disparu avant leur 4ème année d’existence et les statistiques sont encore plus « sanglantes » pour les projets innovants). L’établissement d’un business plan (pitch) qui consiste à écrire « un roman organisé de manière cohérente pour expliquer pourquoi le projet est viable » alors que la caractéristique d’un projet innovant est justement de n’être ni viable, ni rationnel prouve l’irrationalité du processus.

4.    Observer les fourmis : Elles ont la méthode la plus fiable pour explorer en environnement incertain (elles explorent toutes les directions, conduisent un nombre « infini » de tests, ont une stratégie simple d’auto-adaptation : les phéromones).
L’entrepreneur met en place tout cela de façon moins efficace car il est un être intelligent,  il utilise l’essentiel des ressources disponibles pour confirmer son « business case », il ne lui reste donc que peu de ressources pour explorer d’autres directions.

5.    Savoir sortir : En vendant, en démissionnant (quand notamment il y a conflit entre fondateurs et investisseurs)… L'idée centrale est d'anticiper le moment, parmi les 4 phases au cours desquelles l’entrepreneur adopte diverses postures (respectivement celle de visionnaire, développeur dans le marketing business, manager-leader dans la consolidation de l’avantage concurrentiel et celle de corporate CEO lors de la cotation en bourse se traduisant par  la dilution dans l’actionnariat).
Dans la vie d'un projet, il s’agit de 4 personnages différents qu’il est très difficile de faire cohabiter en un seul individu d’où l’importance pour  l'entrepreneur de prendre conscience qu’il n'a plus le profil pour diriger l'aventure et savoir se retirer.

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