jeudi 16 juin 2016

Conversation stratégique du 4 avril 2016 – Strat Sherman & Patrick Bourdet

Plus qu’à un cours, c’est à un parcours intérieur que nous ont invités Strat Sherman et son invité d’honneur, Patrick Bourdet.

Lors qu’on rencontre Strat Sherman, on se rend vite compte que ce n’est pas un personnage et encore moins un « prof » ordinaire. Son cours n’était donc pas vraiment un cours, mais plutôt une invitation au parcours intérieur. Et peut-être aussi une invitation à partager son parcours à lui qui n’est pas banal : après s’être retrouvé à 23 ans à la tête de la partie américaine d’une entreprise familiale au bord de la faillite, il est devenu journaliste au magazine Fortune.  Pendant 20 ans de 1977 à 1997, il a alors observé et narré dans les colonnes du journal les hauts et les bas des dirigeants des grandes entreprises américaines. Puis il a décidé d’arrêter d’écrire sur ces patrons pour les conseiller. Il est donc devenu coach, mais un coach pas banal qui partage son temps entre ses clients high tech de la Silicon Valley, auxquels il apprend l’art de s’adapter au changement et de vivre dans l’incertitude, et un ashram en Inde, où il se ressource deux semaines par an dans le silence auprès d’un maître de méditation.

Plutôt que de vous faire un compte-rendu de blog ordinaire, je préfère donc vous livre quelques réflexions de Strat, à méditer :
     « La pensée mature consiste à savoir ce qu’on ne sait pas et agir en acceptant d’être faible et incertain. »
       « On peut avoir des idées fausses sur soi-même mais pour moi ce qu’on est, est ce qu’on fait. »
« On se trompe souvent sur soi même, il faut du temps pour se découvrir. »
« Le plus court chemin vers soi passe par l’autre. L’autre est une projection plus ou moins conscientisée de qui nous sommes. Et on peut ensuite parvenir à dissocier l’autre (la projection) de nous-même. »
Mais Strat n’était pas tout seul. Il nous a fait un cadeau en conviant à sa séance un homme souriant et mystérieux, que nous avons tous pris au début pour un étudiant d’un autre Mastère. Mais pas du tout, le convive était Patrick Bourdet, dont nous avions tous lu le livre « Rien n’est joué d’avance », un livre qu’on ne peut pas oublier parce que Patrick Bourdet y raconte comment il s’est sorti d’une enfance misérable qui aurait pu le conduire tout droit sur les chemins de la délinquance, pour devenir le patron d’Areva Med, une filiale d’Areva qu’il a fondée et qui développe des traitements innovants de radio-immunothérapie contre le cancer. Nous étions donc impressionné d’avoir devant nous ce héros des temps modernes, preuve vivante que l’on peut se sortir des pires situations avec de la volonté, du courage et aussi de l’intelligence. 

Mais ce qui nous a sans doute le plus impressionné, c’est la sagesse à laquelle il est parvenu tout en s’aidant de la gestalt thérapie. Une sagesse qui se remarque dans l’intérêt qu’il a porté à chacun d’entre nous. Devenu lui-même Gestalthérapeute, voilà ce que confie Patrick Bourdet :
« J’ai fait depuis longtemps le deuil du pouvoir. Plus je suis en conscience et moins le besoin de reconnaissance est une réalité. L’un des enjeux est de dissocier la fonction de l’homme. Si demain j’étais jardinier, so what ? »

Marie-Laure Théodule
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