mercredi 20 juillet 2016

Conversation stratégique du 8 juillet 2016 – Guillaume Villon de Benveniste - Pourquoi s’intéresser à la Silicon Valley ?

Pourquoi s’intéresser à la Silicon Valley ?

Un passionné d’innovation peut s’intéresser à une multiplicité d’endroits sur la planète : Israël avec son marché réduit qui parvient à créer des start-ups globales, l’Inde qui montre la voie vers l’innovation dite frugale, la Chine qui parvient à créer des géants digitaux, la ville de New York et celle de Londres qui sont des foyers d’innovation financière, la ville de Paris qui est le siège de plusieurs licornes et qui s’apprête à ouvrir le plus gros incubateur au monde ainsi que, bien sûr, la Silicon Valley.
Guillaume Villon de Benveniste
Les secrets des entrepreneurs
de la Silicon Valley (Eyrolles)

Alors, pourquoi faudrait-il s’intéresser, en premier lieu est sans doute principalement, à la Silicon Valley ?

I/ La Silicon Valley : un modèle de prospérité
D’abord parce que la Silicon Valley reste un modèle de croissance. Dans cette zone géographique relativement petite, qui va de la ville de San Francisco à Palo Alto, le salaire moyen de ses 3 millions d’habitants se situe à 118 000 $ par an, tandis que les stagiaires, notamment ceux qui travaillent dans les GAFA (« Google, Amazon, Facebook, Apple ») se voient rétribués à hauteur de 60 000 $ ou 80 000 $ par an. En 2015, le berceau de l’innovation crée de l’ordre de 60 000 emplois, un chiffre comparable au nombre d’emplois créé en France sur la même période. Seulement voilà : la France est vingt fois plus peuplée que la Silicon Valley…

II/ La Silicon Valley : un modèle de croissance
Ensuite parce que le taux de croissance reste élevé : il est de 5 % environ par an depuis plusieurs années alors même que nous nous situons dans une économie développée, et que le reste des États-Unis, ainsi que les principaux pays européens, peinent à dépasser les 3 % de croissance.

III/ La Silicon Valley : un moteur d’innovation
Aussi parce que la Silicon Valley constitue depuis une trentaine d’années déjà un moteur d’innovation. Songez que la capitalisation boursière des gaffes est à peu près équivalente à la capitalisation boursière de l’ensemble du CAC 40 français. Seulement voilà : comparer les GAFA au CAC 40 s’est comparé quatre entreprises californiennes aux 40 plus grandes entreprises françaises du monde. C’est aussi comparer des entreprises américaines dont la moyenne d’âge ne dépasse pas 20 ans tandis que la moyenne d’âge du CAC 40 français est plus que séculaire.

IV/ La Silicon Valley affiche des réussites impensables
Enfin parce que les réussites de la Silicon Valley ne peuvent pas être le fruit du hasard. Aujourd’hui, la région compte plus d’une soixantaine de licornes, ces start-ups valorisés à plus d’un milliard de dollars près offre publique initiale d’achat. Songez qu’une entreprise comme WhatsApp affiche une capitalisation boursière supérieure à celle de de PSA (19 milliards de dollars en 2014 contre 13 milliards d’euros pour PSA). Seulement voilà : WhatsApp compte 55 employés contre près de 200 000 pour l’entreprise d’automobile.

Autrement dit, il se passe quelque chose de singulier dans la Silicon Valley. Voilà pourquoi il faut s’y intéresser.
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